Connue autrefois sous le nom d’Igbo Idaasha, la ville de Dassa Zoumé est bien plus qu’une simple localité du centre Bénin. Perchée sur l’une de ses 41 collines, la cité des Omon Djagou renferme des siècles d’histoire, de spiritualité et de traditions vivaces.
Un Roi, Une Légende
Au XIVe siècle, Djagou Olofin conduit son peuple depuis Oyo au Nigeria jusqu’à ces terres rocheuses. Il établit son palais au sommet de la colline Oke Yaka, d’où il bénéficie d’une vue stratégique sur toute la région.
La légende raconte qu’après avoir été emprisonné par ses ennemis, le roi ne mourut jamais vraiment. Son fils le retrouva transformé mi-homme, mi-serpent sur la colline, avant qu’il ne disparaisse définitivement dans la forêt sacrée Igbonla. Son esprit y résiderait encore aujourd’hui.
Fidèles à cette tradition, les descendants des Omon Djagou sont encore aujourd’hui portés en procession sur la colline avant d’être enterrés dans cette forêt sacrée.
La Visite
L’ascension d’Oke Yaka se fait de préférence tôt le matin, accompagné d’un guide. Sur le chemin, baobabs, palmiers, bois de santal et fleurs sauvages encadrent des rochers imposants. On y découvre une case fétiche ornée du serpent et de la jarre, symboles de la légende, ainsi que d’étranges empreintes creusées dans la roche au sommet.
La vue panoramique sur Dassa depuis le haut de la colline vaut à elle seule le déplacement.
Une Identité à Préserver
Le nom Igbo Idaasha vient du Yoruba : Igbo signifie forêt, et Ida-Osha était une princesse albinos née du roi fondateur. C’est l’arrivée des peuples Fon, venus construire la voie ferrée coloniale, qui transforma peu à peu ce nom en Dassa Zoumé.
Aujourd’hui, le 26ème roi de la lignée, Djagou Egbakotan II, veille sur la continuité de ces traditions. Et nombreux sont ceux qui militent pour redonner à leur cité son nom d’origine, un acte de mémoire et de fierté.


